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Guide 9 sur 9 · Étape : Vivre avec

Que se passe-t-il quand on arrête un GLP-1 comme Wegovy ou Mounjaro ?

La reprise de poids, la glycémie, les doses réduites, la règle d’arrêt de la HAS, le coût sur plusieurs années en euros, et comment arrêter sans danger.

En bref

La plupart des personnes reprennent une grande partie du poids perdu dans l’année qui suit l’arrêt d’un GLP-1 comme le sémaglutide (Wegovy, Ozempic) ou le tirzépatide (Mounjaro). Le sucre dans le sang et la tension remontent aussi. Arrêter peut quand même être le bon choix, et la HAS le recommande si le traitement ne marche pas au bout de 6 mois. Prévoyez l’arrêt avec votre médecin, surtout si vous êtes diabétique.

Points clés

Le poids après l’arrêt
Environ les deux tiers de la perte sont revenus en un an dans le principal essai du sémaglutide1
À quelle vitesse
Environ 0,8 kg (près de 2 lb) par mois après le sémaglutide ou le tirzépatide, en moyenne5
Règle d’arrêt
HAS : arrêter si la perte est inférieure à 5 % du poids de départ après 6 mois15
Une dose plus faible
Testée seulement pour le tirzépatide ; elle a gardé l’essentiel de la perte, pas toute10
Projet de grossesse
Arrêter le sémaglutide au moins 2 mois, et le tirzépatide au moins 1 mois, avant, selon les notices européennes16,17
Sur cette page
  1. Que devient le poids quand on arrête ?
  2. Et le sucre, la tension et le cholestérol ?
  3. Pourquoi le poids revient-il ?
  4. Peut-on prendre une dose plus faible, ou arrêter progressivement ?
  5. Qu’est-ce qui aide à garder la perte ?
  6. Combien coûte un traitement sur plusieurs années ?
  7. Quand faut-il arrêter ?
  8. Comment arrêter sans danger ?
  9. Et en cas d’oubli ou de rupture de stock ?
  10. Questions fréquentes

Que devient le poids quand on arrête ?

Dans les essais, la plupart des personnes ont repris une grande partie du poids perdu dans l’année qui a suivi l’arrêt. En moyenne, elles ne sont pas revenues tout à fait à leur poids de départ.

Le test le plus clair est le suivi d’un an du principal essai du sémaglutide (l’extension de STEP 1). Il a suivi 327 personnes pendant un an après l’arrêt : 228 avaient pris du sémaglutide 2,4 mg, les autres une injection factice.1

Extension de STEP 1Sémaglutide 2,4 mg, puis arrêt

327 personnes, suivies un an après la fin du traitement.1 Pour une personne partie de 90 kg :

74,4 kgaprès 68 semaines de sémaglutide : 15,6 kg perdus (−17,3 %)
+10,4 kgrevenus dans l’année après l’arrêt, environ les deux tiers de la perte (+11,6 % du poids de départ)
85,0 kgun an après l’arrêt : encore 5 kg sous le départ (−5,6 %). Groupe injection factice : 89,9 kg

Environ les deux tiers du poids perdu sont donc revenus. Pour une personne de 90 kg (198 lb), cela veut dire perdre environ 16 kg (35 lb), puis en reprendre environ 10 kg (22 lb).1 Environ la moitié des participants (48 %) pesaient encore au moins 5 % de moins qu’au départ.1

Évolution du poids avant et après l’arrêt du sémaglutide (STEP 1)

Sémaglutide 2,4 mgInjection factice

Évolution moyenne par rapport au poids de départ. Les lignes relient les 3 points mesurés ; la vraie courbe entre eux était arrondie. Source : extension de STEP 1.1

Deux autres essais ont procédé autrement. Tout le monde a d’abord pris le médicament. Puis, au hasard, une partie a continué et l’autre est passée à une injection factice sans le savoir. L’écart entre les deux groupes montre donc l’effet de l’arrêt :

STEP 4Sémaglutide 2,4 mg

Tout le monde l’a pris 20 semaines, puis la moitié est passée à une injection factice pendant 48 semaines.2 Pour une personne partie de 90 kg :

80,5 kgau changement, après 20 semaines : 9,5 kg perdus (−10,6 %)
85,5 kgpassée à l’injection factice : 5,0 kg des 9,5 kg sont revenus (−5,0 % par rapport au départ)
74,1 kga continué le traitement : encore 6,4 kg de moins (−7,9 % de plus)
SURMOUNT-4Tirzépatide, à la plus forte dose supportée

Tout le monde l’a pris 36 semaines, puis la moitié est passée à une injection factice pendant 52 semaines.3 Pour une personne partie de 90 kg :

71,2 kgau changement, après 36 semaines : 18,8 kg perdus (−20,9 %)
81,1 kgpassée à l’injection factice : 9,9 kg des 18,8 kg sont revenus (−9,9 % par rapport au départ)
67,3 kga continué le traitement : encore 3,9 kg de moins (−5,5 % de plus)

Les kilos sont notre calcul pour une personne fictive partie de 90 kg, à partir des pourcentages moyens de chaque essai ; les résultats variaient beaucoup d’une personne à l’autre. Dans les deux essais, environ la moitié du poids perdu est revenue après le changement. Les essais donnent aussi une reprise de 6,9 % (STEP 4) et 14,0 % (SURMOUNT-4), mais mesurée à partir du poids plus bas au moment du changement : c’est pourquoi les chiffres diffèrent.2,3

Deux revues de 2026 ont regroupé de nombreuses études. Une revue du BMJ portant sur 37 études (9 341 personnes) a trouvé une reprise d’environ 0,8 kg par mois après le sémaglutide ou le tirzépatide.5 Elle prévoit un retour au poids de départ en 1 an et demi environ. C’est une estimation : aucune étude de ces deux médicaments n’a suivi les personnes plus d’un an.5

Une seconde revue estime que 60 % du poids perdu revient la première année, et prévoit que la reprise se stabilise autour de 75 %, pas 100 %.6 Les deux revues ne sont donc pas d’accord : l’une prévoit un retour complet au poids de départ, l’autre un retour partiel.5,6 Ce sont des moyennes. Dans une analyse du tirzépatide, 1 personne sur 6 a repris moins d’un quart de ce qu’elle avait perdu.4

Et le sucre, la tension et le cholestérol ?

Ils ont tendance à revenir vers leur niveau d’avant le traitement. Plus le poids revient, plus ils remontent.

Dans STEP 1, la tension était revenue à son niveau de départ un an après l’arrêt. Le sucre moyen (HbA1c, une prise de sang qui reflète les 3 derniers mois) et le cholestérol étaient aussi remontés.1

Dans l’essai du tirzépatide cité plus haut (SURMOUNT-4), les personnes qui ont le plus repris ont eu les plus fortes hausses. La tension systolique (le chiffre du haut) a augmenté de 7 à 10 points selon le poids repris.4 Celles qui ont gardé l’essentiel de la perte ont gardé certains bénéfices, comme des graisses du sang (triglycérides) plus basses.4

Si vous avez un diabète de type 2, c’est le point le plus important. Chez les personnes diabétiques, l’HbA1c a augmenté en moyenne de 0,65 point après l’arrêt : par exemple de 7,0 % à environ 7,65 %.7 Voir comment arrêter sans danger.

La revue du BMJ prévoit que tous ces marqueurs du cœur et du sucre reviennent à leur niveau de départ en 1,4 an environ.5

Pourquoi le poids revient-il ?

Le médicament freinait votre appétit. Quand son effet disparaît, la faim revient, et le corps pousse aussi à reprendre le poids perdu.

La moitié de chaque dose de sémaglutide est encore dans le corps au bout d’une semaine environ. Il reste dans le sang 5 à 7 semaines environ après la dernière injection.13 À mesure qu’il s’en va, la sensation de satiété qu’il donnait s’en va aussi.

Perdre du poids, quelle que soit la méthode, change les hormones de la faim. Dans une étude sur un régime, ces changements et une faim plus forte étaient encore là un an après.8 Le corps se comporte comme s’il voulait retrouver son poids.

C’est pourquoi les experts parlent aujourd’hui de l’obésité comme d’une maladie chronique, comme l’hypertension. L’OMS la décrit comme une « maladie chronique, à rechutes, qui demande des soins à vie ».9 Les auteurs de STEP 1 concluent qu’un traitement continu semble nécessaire pour garder les bénéfices.1 La HAS parle elle aussi d’un traitement au long cours.15

Reprendre du poids n’est pas un échec personnel. La revue du BMJ a trouvé une reprise plus rapide après les médicaments qu’après des programmes d’alimentation seuls, quelle que soit la perte de départ.5

Peut-on prendre une dose plus faible, ou arrêter progressivement ?

Un bon essai montre qu’une dose plus faible de tirzépatide garde l’essentiel de la perte. Pour le sémaglutide, et pour une baisse progressive jusqu’à l’arrêt, les preuves sont minces.

Un essai (SURMOUNT-MAINTAIN) a inclus 378 adultes américains qui avaient perdu du poids sous tirzépatide 10 ou 15 mg. Ils ont été répartis en 3 groupes pendant un an : dose complète, 5 mg, ou injection factice.10

SURMOUNT-MAINTAINTirzépatide : dose complète, 5 mg ou injection factice

378 adultes.10 Tous avaient d’abord perdu du poids sous tirzépatide. Puis ils ont été répartis en trois groupes pendant un an : dose complète maintenue, dose réduite à 5 mg, ou passage à une injection factice. Pour une personne partie de 90 kg :

Dose complète maintenue70,3 kgun an après : 19,7 kg sous le départ (−21,9 %)8 sur 100 ont repris la moitié ou plus de leur perte
Dose réduite à 5 mg75,1 kgun an après : 14,9 kg sous le départ (−16,6 %)25 sur 100 ont repris la moitié ou plus de leur perte
Passage à une injection factice81,1 kgun an après : 8,9 kg sous le départ (−9,9 %)67 sur 100 ont repris la moitié ou plus de leur perte

La plupart des participants de cet essai étaient des femmes blanches.10 Les résultats peuvent donc être différents chez les hommes et chez les personnes d’autres origines. Eli Lilly, le fabricant du tirzépatide, l’a financé.10 Rester sous un médicament, c’est aussi garder ses effets secondaires. Dans l’essai du sémaglutide cité plus haut (STEP 4), 42 % des personnes qui ont continué ont eu des troubles digestifs, contre 26 % sous injection factice.2

Pour le sémaglutide, aucun essai terminé n’a testé une dose d’entretien plus faible ou une baisse progressive. Le premier essai de baisse progressive tiré au sort, en Chine, n’avait pas encore commencé à recruter en octobre 2026.11 Dans la vraie vie, beaucoup de personnes prennent déjà des doses plus faibles. Dans un cabinet de médecine générale danois, 40 % des personnes encore sous sémaglutide après un an prenaient 1 mg ou moins.11

La recommandation de l’OMS de 2025 cite « l’entretien et l’arrêt » parmi les sujets où les données à long terme manquent.9 Un plan de baisse progressive relève donc du jugement de votre médecin, pas d’une méthode prouvée.

Les risques en bref Prendre un GLP-1 au long cours, c’est vivre avec ses risques :
  • Fréquents : nausées, vomissements, diarrhée et constipation, surtout pendant la montée des doses.
  • Rares mais graves : inflammation du pancréas (pancréatite) et problèmes de vésicule biliaire.
  • Les vomissements ou la diarrhée peuvent déshydrater et abîmer les reins.
  • Un antécédent personnel ou familial d’un cancer rare de la thyroïde (CMT) ou de NEM 2 : contre-indication de la notice américaine, pas de la notice européenne. Dites-le à votre médecin.13,16
  • Pas pendant la grossesse.
Lire le guide 5 : effets secondaires et risques →

Qu’est-ce qui aide à garder la perte ?

Continuer l’activité physique et l’accompagnement sur l’alimentation et les habitudes aident le plus. Rien ne remplace encore complètement le médicament.

Un essai danois a donné à 195 personnes qui venaient de perdre du poids un an d’exercice encadré, un médicament GLP-1 (le liraglutide), les deux, ou rien de tout cela. Puis tout a été arrêté, et 109 d’entre elles ont été repesées un an plus tard.12

  • Médicament plus exercice, contre médicament seul : environ 2,5 kg de reprise en moins. Un écart assez faible pour être dû au hasard.12
  • Exercice seul, contre médicament seul : le groupe médicament seul a repris environ 6 kg de plus.12

L’exercice pendant le traitement semble donc utile, mais ce seul petit essai ne peut pas prouver ce qu’il apporte une fois le médicament arrêté.

Quelques preuvesContinuer à bougerCommencé pendant le traitement, et poursuivi après. Utile, mais testé dans un seul petit essai.12
RecommandéUn accompagnementL’OMS conseille un accompagnement structuré sur l’alimentation et les habitudes en même temps que les GLP-1.9
PrometteurUne dose plus faibleTestée seulement pour le tirzépatide, dans un essai.10
Non prouvéBaisse progressive jusqu’à l’arrêtAucun essai tiré au sort terminé à ce jour.11

Cet essai sur l’exercice utilisait le liraglutide, un GLP-1 plus ancien, quotidien, et a suivi 109 personnes.12 Les protéines et le renforcement musculaire pour protéger les muscles sont dans le guide 8 : vivre avec un GLP-1.

Combien coûte un traitement sur plusieurs années ?

Si vous en avez besoin longtemps, le coût dure aussi. Remboursé avec une mutuelle, il vous reste surtout la franchise. Sans remboursement, au prix officiel, 5 ans de Mounjaro coûtent environ 15 500 € à 5 mg et 28 300 € à 15 mg.

Ce sont des exemples, pas une liste de prix. Un stylo contient 4 doses hebdomadaires : une année, c’est 13 stylos.14

Remboursé, avec une mutuelle responsable : la franchise de 1 € par boîte18
Par stylo1 €
1 an13 €
3 ans39 €
5 ans65 €
Mounjaro 5 mg, prix officiel, non remboursé14
Par stylo238,70 €
1 an3 103,10 €
3 ans9 309,30 €
5 ans15 515,50 €
Mounjaro 10 mg, prix officiel, non remboursé14
Par stylo336,97 €
1 an4 380,61 €
3 ans13 141,83 €
5 ans21 903,05 €
Mounjaro 15 mg, prix officiel, non remboursé14
Par stylo434,82 €
1 an5 652,66 €
3 ans16 957,98 €
5 ans28 263,30 €
Wegovy 2,4 mg, prix officiel, non remboursé14
Par stylo196,12 €
1 an2 549,56 €
3 ans7 648,68 €
5 ans12 747,80 €

Médicament seulement, hors consultations. Prix publics TTC, en supposant qu’ils ne changent pas.

Comment nous avons calculé ces chiffres

Les prix sont les prix publics TTC de la base de données publique des médicaments, consultée le 12 oct. 2026, honoraire de dispensation de 1,02 € inclus.14 Notre calcul : prix × 13 stylos par an (52 doses hebdomadaires). Pour les personnes remboursées avec une mutuelle responsable, il reste la franchise de 1 € par boîte, plafonnée à 70 € par an et due aussi en ALD.18 Le remboursement est de 65 %, ou 100 % en ALD.19

Le remboursement dépend de conditions. Il faut un IMC de 40 ou plus, ou de 35 avec une maladie listée, après 6 mois d’accompagnement, et une première ordonnance par un médecin habilité.20 Si vous avez commencé en payant vous-même, votre IMC du début du traitement compte pour un éventuel remboursement plus tard.20

Dans un cabinet de médecine générale danois, 38 % des personnes avaient arrêté le sémaglutide dans l’année, pour toutes sortes de raisons.11 Avant de commencer, demandez-vous si vous pourriez le payer pendant des années, pas des mois. Le guide 7 explique ce que vous payez, et à qui.

Quand faut-il arrêter ?

Arrêter est un choix raisonnable dans plusieurs situations. Un médicament qui vous fait du mal, ne marche pas ou que vous ne pouvez pas payer ne vaut pas la peine d’être poursuivi. Voici les raisons les plus courantes.

  • Des effets secondaires que vous ne supportez pas, ou un effet grave comme une pancréatite. Le guide 5 liste les signes d’alerte.
  • Un projet de grossesse. Les notices européennes demandent d’arrêter le sémaglutide au moins 2 mois, et le tirzépatide au moins 1 mois, avant.16,17 Le sémaglutide reste longtemps dans le corps.13
  • Une opération ou une sédation. Ces médicaments ralentissent l’estomac. Rarement, des personnes ont inhalé le contenu de leur estomac pendant une anesthésie.13 Les notices demandent de prévenir le chirurgien. Elles disent qu’on manque de données pour savoir si une pause aide.13
  • Il ne marche pas. Voir la règle d’arrêt ci-dessous.
  • Le coût, si vous n’êtes pas remboursé et que cela pèse sur votre budget.
  • Ce n’était pas le bon médicament pour vous, par exemple pris pour perdre quelques kilos avant l’été, ou obtenu sans vraie ordonnance. Voir le guide 4.

Les règles d’arrêt

La HAS utilise une perte de 5 % du poids de départ comme repère. Pour une personne de 90 kg (198 lb), 5 % font 4,5 kg, soit environ 10 lb.

Wegovy et MounjaroMoins de 5 % après 6 moisArrêter, recommande la HAS.15
Liraglutide (Saxenda)Moins de 5 % après 12 semaines à 3 mg par jourArrêter, selon sa notice.21
Carence nutritionnelleDes signes de carenceAutre motif d’arrêt cité par la HAS.15

Ces règles disent si un médicament vaut la peine d’être poursuivi. Ne pas atteindre le repère n’est pas un échec personnel, et votre médecin peut vous parler des autres options.

Comment arrêter sans danger ?

Avec votre médecin, et avec un plan pour la suite. Votre poids, votre glycémie et votre tension devront être surveillés pendant des mois.

1En parler au médecin qui l’a prescrit
2Décider ensemble : arrêter, baisser la dose, ou faire une pause
3Si vous êtes diabétique : un autre plan pour contrôler le sucre
4Surveiller le poids, le sucre et la tension dans les mois qui suivent

Notre résumé des données de cette page, pas un protocole médical.

N’arrêtez pas votre traitement sans en parler d’abord à votre médecin.

Si vous êtes diabétique, l’arrêt peut faire monter votre HbA1c (une prise de sang qui reflète votre sucre moyen sur environ 3 mois).7 Votre médecin devra peut-être ajouter ou changer un autre médicament du diabète. N’arrêtez pas pour « voir ce qui se passe ».

Gardez les habitudes que vous avez prises : de l’activité régulière et une façon de manger qui vous a réussi. C’est ce qui vous donne le plus de chances de garder une partie de la perte.12

Et en cas d’oubli ou de rupture de stock ?

Une courte interruption ne pose en général pas de problème. Après une interruption plus longue, demandez à votre médecin avant de reprendre : il faudra peut-être recommencer à une dose plus basse.

Sémaglutide (notice européenne de Wegovy) : faites la dose oubliée dans les 5 jours qui suivent. Au-delà, sautez-la et faites la suivante votre jour habituel.16 Après 2 doses oubliées ou plus d’affilée, la notice américaine prévoit qu’une reprise à une dose plus basse peut être nécessaire.13

Tirzépatide (notice européenne de Mounjaro) : faites la dose oubliée dans les 4 jours qui suivent. Au-delà, sautez-la et faites la suivante votre jour habituel.17 Demandez à votre médecin à quelle dose reprendre après une longue interruption.

Ne reprenez pas à votre ancienne dose complète après une longue pause sans en parler à votre médecin. Reprendre, c’est recommencer : les conseils sur la pilule s’appliquent donc aussi. Pour la pilule, les avis diffèrent : la notice européenne de Mounjaro estime que la baisse des hormones de la pilule n’est pas cliniquement pertinente, tandis que l’agence britannique du médicament (MHRA) conseille d’ajouter un préservatif pendant 4 semaines après le début et après chaque hausse de dose.24 Demandez à votre médecin ou à votre pharmacien quelle contraception utiliser (voir GLP-1, contraception et grossesse).17
En France : de 2023 à 2025, Ozempic, Victoza et Trulicity ont manqué. L’ANSM a d’abord demandé de ne plus commencer de nouveaux traitements, puis a annoncé le 5 juin 2025 qu’Ozempic et Victoza étaient de nouveau disponibles, Trulicity restant distribué au compte-gouttes.22 Le 12 oct. 2026, aucun GLP-1 ne figurait dans la liste des ruptures de la base publique des médicaments.14 Si votre médicament manque, demandez à votre médecin avant de changer. Ne comblez jamais un manque avec un vendeur inconnu : de faux stylos circulent en Europe.23

Questions fréquentes

Vais-je reprendre tout le poids si j’arrête ?

Pas forcément tout. Dans le principal essai du sémaglutide (STEP 1), les participants ont repris environ les deux tiers du poids perdu dans l’année qui a suivi l’arrêt, et ont fini en moyenne 5,6 % en dessous de leur poids de départ.1 Les résultats varient beaucoup d’une personne à l’autre.4

Mon traitement peut-il être arrêté si je perds trop peu ?

Oui. La HAS recommande d’arrêter si la perte est inférieure à 5 % du poids de départ après 6 mois de traitement.15 Pour Saxenda, la notice prévoit l’arrêt après 12 semaines à 3 mg si la perte n’atteint pas 5 %.21

Puis-je arrêter puis reprendre plus tard ?

Beaucoup de personnes le font, mais prévoyez-le avec votre médecin. Après plusieurs doses oubliées, une reprise à une dose plus basse peut être nécessaire.13

Peut-on arrêter d’un coup ?

Dans les essais, les participants ont arrêté d’un coup. Ce qui a suivi, c’est un retour progressif du poids, du sucre et de la tension.1,5 Si vous êtes diabétique, il faut d’abord un plan pour votre glycémie.

Puis-je prendre une dose plus faible au lieu d’arrêter ?

Pour le tirzépatide, un essai (SURMOUNT-MAINTAIN) a montré qu’une dose de 5 mg gardait l’essentiel de la perte, un peu moins que la dose complète.10 Pour le sémaglutide, aucun essai n’est encore terminé.11

Combien de temps avant une grossesse faut-il arrêter ?

Au moins 2 mois pour le sémaglutide et au moins 1 mois pour le tirzépatide, selon leurs notices européennes. Prévoyez-le avec votre médecin.16,17

Avant de continuer

  • La plupart des personnes reprennent une grande partie du poids dans l’année qui suit l’arrêt.
  • Le sucre et la tension remontent aussi.
  • Le repère de la HAS : 5 % du poids de départ à 6 mois.
  • Une dose plus faible n’est testée que pour le tirzépatide ; la baisse progressive n’est pas prouvée.
  • Sans remboursement, au prix officiel, 5 ans peuvent coûter plus de 12 000 €.
  • Arrêtez avec votre médecin ; si vous êtes diabétique, avec un plan pour le sucre.
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Sources

  1. Wilding JPH et al. Weight regain and cardiometabolic effects after withdrawal of semaglutide: the STEP 1 trial extension. Diabetes, Obesity and Metabolism, 2022;24(8):1553–64. doi:10.1111/dom.14725
  2. Rubino D et al. Effect of continued weekly subcutaneous semaglutide vs placebo on weight loss maintenance (STEP 4). JAMA, 2021;325(14):1414–25. doi:10.1001/jama.2021.3224
  3. Aronne LJ et al. Continued treatment with tirzepatide for maintenance of weight reduction in adults with obesity (SURMOUNT-4). JAMA, 2024;331(1):38–48. doi:10.1001/jama.2023.24945
  4. Horn DB et al. Cardiometabolic parameter change by weight regain on tirzepatide withdrawal: a post hoc analysis of SURMOUNT-4. JAMA Internal Medicine, 2026;186(2):157–67. doi:10.1001/jamainternmed.2025.6112
  5. West S et al. Weight regain after cessation of medication for weight management: systematic review and meta-analysis. BMJ, 7 janv. 2026. doi:10.1136/bmj-2025-085304
  6. Budini B et al. Trajectory of weight regain after cessation of GLP-1 receptor agonists: a systematic review and nonlinear meta-regression. eClinicalMedicine, 2026;93:103796. doi:10.1016/j.eclinm.2026.103796
  7. Tzang CC et al. Metabolic rebound after GLP-1 receptor agonist discontinuation: a systematic review and meta-analysis. eClinicalMedicine, 2025. doi:10.1016/j.eclinm.2025.103680
  8. Sumithran P et al. Long-term persistence of hormonal adaptations to weight loss. NEJM, 2011;365:1597–604. doi:10.1056/NEJMoa1105816 (une étude sur un régime, pas sur un GLP-1)
  9. Celletti F, Farrar J, De Regil L. World Health Organization guideline on the use and indications of GLP-1 therapies for the treatment of obesity in adults (décembre 2025). JAMA, 2026. doi:10.1001/jama.2025.24288
  10. Horn DB et al. Tirzepatide for maintenance of bodyweight reduction in people with obesity in the USA (SURMOUNT-MAINTAIN). The Lancet, 2026. doi:10.1016/S0140-6736(26)00656-2. Financé par Eli Lilly.
  11. Skandov MD et al. Real-world use of semaglutide for weight management: dose titration, discontinuation patterns and weight changes. Diabetes, Obesity and Metabolism, 2026. doi:10.1111/dom.71092 ; et ClinicalTrials.gov NCT07783854 (essai de baisse progressive du sémaglutide, pas encore en recrutement, vérifié le 5 oct. 2026).
  12. Jensen SBK et al. Healthy weight loss maintenance with exercise, GLP-1 receptor agonist, or both combined followed by one year without treatment. eClinicalMedicine, 2024;69:102475. doi:10.1016/j.eclinm.2024.102475
  13. Novo Nordisk. Wegovy (semaglutide), notice américaine, révisée en juin 2026 : rubriques 2 (doses oubliées), 5.10 (anesthésie), 8.3 (projet de grossesse), 12.3 (demi-vie). PDF
  14. Base de données publique des médicaments (ANSM, HAS, Assurance Maladie) : prix publics TTC par stylo de 4 doses (Wegovy 2,4 mg 196,12 € ; Mounjaro 5 mg 238,70 €, 10 mg 336,97 €, 15 mg 434,82 €) et fichier des ruptures de stock. Consultée le 12 oct. 2026. base-donnees-publique.medicaments.gouv.fr
  15. HAS. Avis n° 2025.0075/AC/SEM du 18 déc. 2025 : traitement au long cours, réévalué ; arrêt en cas de « non-réponse ou de réponse insuffisante … inférieure à 5 % du poids initial à 6 mois » ou de signes de carence nutritionnelle. has-sante.fr
  16. Agence européenne des médicaments. Wegovy, résumé des caractéristiques du produit (rubrique 4.3 : seule contre-indication, l’hypersensibilité) : rubriques 4.2 (dose oubliée) et 4.6 (arrêt au moins 2 mois avant une grossesse prévue). PDF EMA
  17. Agence européenne des médicaments. Mounjaro, résumé des caractéristiques du produit : rubriques 4.2 (dose oubliée), 4.5 (contraception orale) et 4.6 (arrêt au moins 1 mois avant une grossesse prévue). PDF EMA
  18. Selectra. Wegovy, Mounjaro : remboursement et ordonnance (avec une mutuelle responsable, il reste la franchise de 1 € par boîte). 5 oct. 2026. selectra.info · Service-public.fr, « Ticket modérateur, forfait et franchises » (fiche F165, vérifiée le 1er oct. 2026) : franchise de 1 € par boîte, « plafonnée à 70 € par an et par personne » ; l’ALD n’en exonère pas. service-public.gouv.fr
  19. Service-public.fr. Wegovy et Mounjaro remboursés pour certains patients (65 %). 1er juin 2026, mis à jour le 15 juin 2026. service-public.gouv.fr · Forum des assurés ameli, réponse officielle (100 % en ALD), juin 2026. forum-assures.ameli.fr
  20. ARS La Réunion. Note aux professionnels sur les traitements médicamenteux de l’obésité (conditions de remboursement ; IMC initial « quel que soit son statut de remboursement »). 31 août 2026. PDF
  21. Agence européenne des médicaments. Saxenda, résumé des caractéristiques du produit, rubrique 4.2. PDF EMA
  22. ANSM. Analogues du GLP-1 et diabète de type 2 : reprise progressive des initiations de traitement pour Ozempic et Victoza (mise à jour du 5 juin 2025 ; Trulicity en distribution contingentée). ansm.sante.fr
  23. Ordre national des pharmaciens. L’Agence européenne des médicaments alerte sur la circulation de stylos Ozempic falsifiés (sémaglutide 1 mg) en Europe. ordre.pharmacien.fr
  24. MHRA (agence britannique du médicament). GLP-1 medicines for weight loss and diabetes: what you need to know (avec Mounjaro et une pilule, ajouter une méthode barrière pendant 4 semaines après le début et après chaque hausse de dose). Publié le 5 juin 2025, mis à jour le 5 févr. 2026. Source britannique, citée pour comparaison. gov.uk

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